Trick or treat?
October 31, 2005
Tu m’as dit que lorsque l’on a sonné à la porte, tu as regardé par la fenêtre et tu les as vu déguisés. Vite, vite, il a fallu trouver de quoi se protéger, de quoi les faire fuir. Enfin, pas tout as fait. Tu m’as dit qu’il a fallu trouver en vitesse des bonbons au fond des tiroirs… Je romance –car au fond, une tradition c’est romancé.
Mais je me suis étonné de la suite. Je n’avais pas compris jusqu’alors combien la traversée de l’Atlantique a pu changer cette tradition –ou du moins, la conception que tu en as!
Tu as pris un bon poignet de sucreries pour en remplir un de leurs sacs. Et lorsqu’un deuxième monstre, puis un troisième, a lancé “et moi”, tu t’es demandé “pourquoi ne s’organisent-ils pas? pourquoi ne font-ils pas ’sac commun’ pour se répartir les friandises par la suite?”.
La tradition vient du pays du capitalisme par excellence. Et elle est reçue par “nous-autres”, socialistes. Les petits américains font leur porte à porte, dans un bon esprit, partageant la fête, mais chacun pour soi tout de même. Chaque petit américain a son sac. Lorsque les douze cloches de minuit sonnent, chacun déballe son pactole, chacun exhibe ses richesses. Et le libre échange commence. Petit troc entre amis. Butterfinger contre Twinkie. Fuzzy Peach contre Chupa Chup. Deux “mini” de M&Ms contre un de Jelly Belly.
Tu voudrais un sac unique toi! Eh ben, pas vite gêné! A faire retourner un américain dans sa tombe. Faire quête commune et puis partager. Et puis quoi encore?
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1.
celui qui... (l'autre) | November 2, 2005 at 6:25 am
J’ai été élévé dans le partage. Partage avec mon frère, mes cousins. Lorsqu’un jour, ma grand mère a donné deux nectarines à mon frère avec l’ordre de ne pas partager avec moi, celui-ci n’a pas accepté et a partagé quand même. Nos parents ont toujours essayé de nous traiter de manière équivalente.
Je ne pense pas que ce soit lié à une conception capitaliste ou socialiste du système…
C’est une conception de vie, c’est le partage. C’est dans quoi j’ai été élevé, c’est ce que j’ai bien du expérimenter de par la présence d’un frère à mes côtés.
Cette lettre me rappelle comme j’ai hâte de vivre avec toi notre rêve américain. Non pas parce que c’est une promesse. Simplement parce que je veux comprendre ce que tu as pu vivre là-bas, que je veux comprendre l’Amérique autrement. Je veux vivre cette Amérique “profonde” avec toi.
Être derrière la porte quand les gamins viendront sonner pour Halloween… Voir ton regard amusé, te voir hésiter entre leur faire peur et remplir leurs poches de bonbons…
Et peut-être que mon réflexe européen contestataire ressortira et que je choisirai le sort plutot que les bonbons…